Taroudant a connu sa période la plus glorieuse sous la dynastie sâadienne

La dynastie sâadienne a régné sur le Maroc du début du 15e au milieu du 16e siècle. Elle a laissé des traces importantes dans la plaine du Souss. C'est le cas des tombeaux situés sur les hauteurs qui dominent Agadir, ainsi qu'à Taroudant, qu'elle éleva au rang de capitale culturelle, aux côtés de Marrakech et de Fès. Le principal témoignage laissé par les Sâadiens est la Grande mosquée de Taroudant, nommée Al Aâdham. La date exacte de l'édification de ce lieu de culture historique n’a pas pu être établie à ce jour. On sait toutefois qu’il fut rénové par le cheikh Mohamed Essaadi (ou Es-sâadi), principal fondateur de la dynastie sâadienne. Celui-là même qui libéra Agadir des Portugais, depuis le fort Aguelgal d'Aguerd, situé sur les premiers contreforts de l'Atlas, avant d'y être assassiné. A même d'accueillir jusqu'à 4'000 fidèles, la mosquée Al Aâdham fut l’une des universités les plus réputées du Maroc. C'était aussi la plus grande. Elle était notamment célèbre pour son minaret haut de 27 mètres, dont la forme carrée était inspirée de celle de la Kaaba à La Mecque. A l'époque des Sâadiens, le rayonnement et le prestige de Taroudant atteignirent ceux de Fès et de Marrakech. Les plus grands érudits du 16e siècle y dispensèrent leurs savoirs religieux, mais aussi touchant les sciences, et principalement les mathématiques. Ils attiraient des masses de gens en quête de savoir. Si bien que la cité de Taroudant fut considérée comme l'une des capitales culturelles du sultanat. Elle ne fut toutefois jamais stricto sensu capitale du Maroc, en tant que telle. En revanche, au XIe siècle Taroudant avait été la capitale d'un petit royaume chiite, celui des Bajjalis, ainsi que celle des princes rebelles Ben Yedder qui régnèrent sur le Souss aux 13e et 14e siècles. Aqueduc et sucrerie Sous les Sâadiens, Taroudant connut sa période la plus glorieuse. Ses murailles datent de cette époque. Cinq portes voûtées d'architecture mauresque furent érigées par le cheikh Mohamed Essaadi en tant que fortifications destinées à rassembler les forces sâadiennes et celles de tribus du Souss qui les avaient rejointes pour combattre les Portugais à Agadir. A l'effervescence intellectuelle s'ajouta une expansion économique. Taroudant devint le point de transit du commerce caravanier et développa son artisanat, ainsi que la production de la canne à sucre dans la région. On peut encore voir aujourd'hui à l'ouest de Taroudant un aqueduc construit par les Sâadiens (photo), qui mène jusqu'à une ancienne sucrerie. La période sâadienne se termina en 1670, lorsque le sultan Moulay Rachid mit fin au pouvoir sâadien. Taroudant passa alors sous l’influence, plus ou moins forte, selon les époques, de la dynastie alaouite. Le 7 mai 2013, la Grande mosquée de Taroudant a été fortement endommagée par un incendie d'origine accidentelle. Le feu aurait pris sur des tapis à la suite d'un court-circuit. Une première fois restauré par le roi Mohammed V, le bâtiment historique a retrouvé tout son éclat grâce à son petit-fils, le roi Mohammed VI, qui a puisé à cet effet dans sa cassette personnelle.

Taroudant a connu sa période la plus glorieuse sous la dynastie sâadienne