J'ai même rencontré des dromadaires heureux au bord des routes du Souss

Du côté d'Agadir, et plus encore de Tiznit ou de Guelmim, il est fréquent de croiser tout à coup, en bordure de chemin, un troupeau de dromadaires, conduit par un berger, plus ou moins visible d'ailleurs. J'ai pris la photo ci-dessus et celle ci-dessous sur l'artère qui conduit d'Ouled Teima à Taroudant. S'il n'est pas rare, le spectacle de ces troupeaux en train de paître en bordure de route est toujours un enchantement. On a l'impression de rencontrer des animaux heureux... En réalité, ces bêtes qui transitent ainsi d'une ville à l'autre sont satisfaites car elles dévorent tout ce qu'elles trouvent sur leur passage. Tout passe par l'estomac... C'est pourquoi les propriétaires bordiers ne voient pas d'un bon œil l'arrivée de ces troupeaux affamés ! Parfois leur pitance est bien maigre, parfois davantage plantureuse, quand se présentent ronces et figuiers de Barbarie. Il y a peu, j'ai bien cru que la végétation du Jardin aux Etoiles allait subir la furie vorace d'un de ces troupeaux. Heureusement, le berger les a fait bifurquer juste à temps... Dromadaire ou chameau ? Petite précision zoologique et de vocabulaire : les chameaux, qui ont deux bosses, n'existent pas au Maroc ni dans le reste du Maghreb ! Le Royaume ne connaît que des dromadaires, camélidés à une bosse. Mais, dans les faits, le fœtus du dromadaire développe deux bosses pendant la gestation et celles-ci ne se fondent en une seule que peu avant la naissance. C'est ce qui explique que le dromadaire prend l'appellation scientifique de Camelus dromaderius. Il n'est donc pas à proprement parler faux d'affirmer que c'est un chameau; mais il est plus précis de l'appeler dromadaire, même si son maître est appelé chamelier... Le vaisseau du désert Cet animal est extraordinaire. S'il est à même d’économiser son eau corporelle grâce à sa bosse de graisse, d'où son surnom de vaisseau du désert, il est aussi capable de faire varier sa température en fonction de la chaleur externe. Lorsque celle-ci diminue, notamment pendant la nuit, la température interne du dromadaire peut descendre à 34° centigrades. J'ai beaucoup aimé prendre cette photo, sur le raccourci qui va du Jardin aux Etoiles à Agadir, en passant par Issen, et qui permet de gagner près d'un quart d'heure par rapport au trajet qui emprunte la route express. J'ignore si ces braves bêtes que j'ai dépassées en voiture se rendaient d'une pâture à une autre ou si la destination finale était l'abattoir. Elles m'ont en tout cas donné l'impression de profiter largement du grand air... A l'aune marocaine, le dromadaire vaut une petite fortune. Selon un spécialiste, qui fait partie de mes amis et enseigne à Guelmim, la ville du marché aux chameaux et dromadaires, un adulte coûtera entre 1'500 et 3'000 francs suisses, soit presque autant d'euros. C'est pourquoi l'élevage des petits est très apprécié.

J'ai même rencontré des dromadaires heureux au bord des routes du Souss