Le thé à la menthe fait le bonheur des visiteurs du Royaume et du Jardin aux Etoiles, préparé qu'il y est par un spécialiste, notre intendant Moulay Hafid. Ce n'est toutefois pas une tradition aussi ancienne et enracinée qu'on pourrait le croire. Le mariage entre le thé de Chine et la menthe marocaine ne remonte qu'au XIXe siècle.


Il a pour origine la Guerre de Crimée qui, il y a un peu plus de 150 ans, opposa Russes, d'un côté, Empire ottoman, France, Angleterre et Sardaigne, de l'autre. Privés des ports slaves, les Anglais, qui ont alors la mainmise sur le commerce du thé en Europe, ouvrent en compensation des comptoirs à Tanger et à Essaouira.


Habitués à consommer des infusions à base de décoctions de feuilles de menthe, les Marocains découvrent alors le thé vert Gunpowder, surnommé « perles de Chine ». Ils décident alors tout naturellement d’associer ces deux ingrédients. Le thé à la menthe marocain était né.


Depuis lors, les Marocains de la plaine comme des montagnes, des villes comme des campagnes, du Nord comme du Sud en consomment des quantités considérables. Très désaltérant, le thé à la menthe permet aussi aux peuples nomades du Sahara de survivre aux conditions extrêmes qu'ils doivent affronter.


Le rituel du thé


Le thé à la menthe est offert et dégusté en signe d’hospitalité car, selon un proverbe touareg, "il faut trois conditions pour faire le thé : le temps, les braises et les amis". Il est parfait pour terminer un repas, mais il est aussi bu tout au long de la journée. Les Marocains y ajoutent des quantités de sucre, ce qui explique le taux très élevé de diabète et d'autres affections découlant de l'excès de sucre dans le Royaume. Les visiteurs européens exigent une diminution drastique de cet apport, demande préventivement respectée au Jardin aux Etoiles.


Au Jardin aux Etoiles


Traditionnellement, le thé à la menthe est préparé dans une théière typiquement marocaine, et est servi de très haut ce qui permet de l’oxygéner et de révéler tous ses arômes, geste que ne manque pas d'accomplir Moulay Hafid à trois ou quatre reprises. La présence de mousse à la surface du thé, aussi appelée "turban", témoigne de la réussite de l’infusion.


La spécialité de notre intendant consiste à ajouter à la menthe des parfums de plantes en provenance de notre jardin des senteurs, situé à l'ouest de la villa, donnant ainsi un bouquet tout particulier à notre thé à la menthe.


En 1942, en pleine Deuxième Guerre mondiale", Hollywood sortait dans les salles le film "Road to Morocco". Cette comédie illustre l'exotisme et l'optimisme recherchés en ces temps difficiles. "Road to Morocco" associe trois grandes vedettes de l'époque, qui étaient à la fois comédiens et chanteurs : Bing Crosby, Bob Hope et Dorothy Lamour.


Produit par la Paramount et mis en scène par David Butler, "Road to Morocco" fait partie d'une saga, avec "Road to Zanzibar", sorti un an plus tôt,"Road to Utopia", qui verra le jour en 1946, après la victoire des Alliés,"Road to Rio" (1947) et encore "Road to Bali" en 1952.


L'affiche ci-dessus créée pour l'occasion, comme les scènes du films elles-mêmes, utilise un camélidé. Elle commet toutefois une erreur : le dromadaire qui existe en Afrique du Nord ne comprend qu'une bosse. La camélidé à deux bosses est un chameau, que l'on voit en Arabie.

Le film raconte les aventures de deux gars bavards, Jeff et Orville, qui font naufrage sur une côte désertique, qui se révèle être celle du Maroc. Les deux compères sont vendus comme esclaves à... une magnifique princesse. Entraînante, la chanson-titre du film a très bien vieilli. Elle s'écoute encore facilement aujourd'hui.

71 ans plus tard, en 2013, la comédie dramatique de la réalisatrice franco-marocaine Laïla Marrakchi intitulée "Rock the Casbah" utilisait "Road to Morocco" dans sa bande son, ainsi qu'on le constate en regardant la bande annonce ci-dessus.

Revenons au film de 1942, pour constater ci-dessus qu'il mettait en scène un Maroc de pacotille, très loin de la réalité. Mais qu'importe, il faut voir "Road to Morocco" comme un hommage au pays. Comme le fut, la même année, "Casablanca", oscar du meilleur film 1944, devenu un grand classique du cinéma, grâce aussi aux stars Humphrey Bogart et Ingrid Bergman. "Casablanca"a beaucoup fait, sur la durée, pour la promotion du Maroc, davantage que "Road to Morocco". Mais ce dernier a l'avantage d'être associé à une très jolie chanson, qui survit au-delà des décennies.


Voici un ouvrage sur le Maroc qui sort des sentiers battus (voir aussi Pour moi, à Noël ce sera un très beau livre sur le Maroc ou encore Le voile n'est pas une exclusivité de l'islam contemporain mais un usage méditerranéen). C'est un livre en anglais, mais il est compréhensible par tout le monde : les images parlent une langue universelle. Paru chez l'éditeur londonien Thames & Hudson, "New Moroccan Style" met en valeur ce qui se fait de plus original en matière de déco et d'habitat... vus par les yeux des Occidentaux.


A partir de la première photo, nous entrons dans la tanière berbère de Nancy, Californienne émigrée sur les hauteurs d'Essaouira, à l'enseigne d'El Cherqui (allusion au vent du Sahara, aussi appelé chergui). Cette maison de pierre ne paie pas forcément de mine de l'extérieur (deuxième photo). Mais quelle inspiration à l'intérieur ! La patte est minimaliste et sensuelle. Ou le mode de vie berbère complètement revisité. J'adore ça !

Il y a des idées à puiser dans cet ouvrage. Ainsi, j'ai retenu les coussins de kilim qu'on voit sur la première photo. Ils représentent une variante amazigh à opposer aux traditionnels poufs qu'on voit partout. Mais il sont moins hauts, ce qui nécessite davantage de gymnastique... J'en ai cherché au souk El-Had d'Agadir. Mais je n'en ai pas trouvé un seul.


J'ai donc dirigé mes investigations du côté de Marrakech. Et j'en ai déniché péniblement... trois au Souk berbère de la place Jama El Fna. J'en ai commandé six de plus, dont on m'a dit cet automne qu'ils seraient taillés dans un tapis que j'avais choisi au préalable. Mais je n'ai plus aucune nouvelle de ce fournisseur... Bizarre. Finalement, j'ai mis la main sur le plus bel exemplaire que j'aie vu en face du Musée Yves Saint Laurent. Il agrémente désormais mon Salon Atlas.


Sur les deux dernières photos, nous voici transportés à... Londres, plus précisément à Heddon Street. L'Algérien Mourad Mazouz, qui se veut "citoyen du monde", y a créé un univers maghrébin d'une grande sophistication. Le Momo Restaurant familial, le Kemia Bar et le Mô Tea Room, qui est en réalité un magasin de cadeaux et de déco, constituent son petit harem.


Comprenant un joli carnet d'adresses au Maroc, mais aussi à Londres, à Paris et dans des lieux branchés des Etats-Unis, "New Moroccan Style" peut être obtenu en ligne.

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