Dernier pacha de Marrakech, soit l'équivalent du vice-roi du Sud du pays, le légendaire Thami El Glaoui revient dans l'actualité. Son magnifique portrait peint en 1918 par Jacques Majorelle figure parmi les œuvres vedettes de la mise aux enchères organisée ce 27 juin à Casablanca par la Compagnie marocaine des œuvres et objets d'art (CMOOA). Intitulée "Une identité marocaine", cette vente est la 68e dans l'histoire de cette société, qui se prévaut d'être la plus ancienne maison de vente aux enchères du monde arabe.


Le pacha restitué par Majorelle se tient dans une attitude méditative, tenant un coran entre ses mains.


Selon la CMOOA, Jacques Majorelle souhaitait réaliser un portrait du pacha d’une facture quasi-photographique, qui donnerait à voir, au-delà de l’image, ses qualités et ses vertus. Le portrait qu'il a signé à son arrivée à Marrakech, et qui constitue en quelque sorte un acte d'allégeance, restitue non seulement la richesse toute symbolique du zellige, mais souligne aussi la force de la présence du pacha, alors que Thami El Glaoui se trouvait au sommet de sa puissance et de sa gloire, qui durera jusqu'au retour de Mohammed V de Madagascar. Celui-ci devait sonner le glas du Glaoui et déboucher sur l'Indépendance.


Cette huile sur toile de 100 x 81 cm est rehaussée d'un cadre de fort belle apparence, réalisé par Majorelle et son épouse. Le prix en est fixé entre 1,8 et 2 millions de dirhams, soit à un peu moins de 200'000 euros.

Une autre oeuvre de Majorelle,"La cueillette des dattes, Marrakech", fusain et gouache à rehaut métallique sur papier, a récemment été adjugée à 720'000 dirhams (75'000 euros environ).


Ci-dessus dans son atelier de Marrakech, qui deviendra le Jardin Majorelle et voisinera avec le Musée Yves Saint Laurent, le plus célèbre des peintres orientalistes du Maroc serait bien étonné de sa flamboyante réussite posthume, lui qui termina sa vie dans le dénuement.

La vente de ce 27 juin met aussi en valeur des pionniers de la modernité marocaine et leurs héritiers, comme Jilali Gharbaoui (première oeuvre, créée en 1969), dont une autre composition, tout aussi reconnaissable, a droit à la couverture du catalogue. Citons encore Chaïbia Tallal et son huile sur toile intitulée "Les Tisseuse de Chtouka", qui date de 1987.


Nous aurons bouclé la boucle en signalant que des tableaux de feu Hassan El Glaoui, peintre apprécié de Mohammed VI, figurent parmi les oeuvres cherchant preneur lors de cette vente aux enchères. Or Hassan El Glaoui n'est autre que le fils de Thami El Glaoui...

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Travaux en cours de la route express sur le tronçon Tan-Tan-El Ouatia - De notre envoyé spécial photo Youssef Ouarich.

Voulue par le roi Mohammed VI pour contribuer au développement des provinces du Sud, la voie express N1 Tiznit-Laâyoune est un projet qui avance, et même à 100 à l'heure, malgré les mesures liées à la pandémie de Covid-19. Alors que le tronçon Agadir-Tiznit est en service depuis plusieurs années, celui qui mènera jusqu'à Laâyoune, plus importante cité des provinces du Sud, devrait être ouvert dans deux ans, en 2022.


La tâche est loin d'être simple, puisqu'il s'agit de doubler et d'améliorer une route existante sur pas moins de 555 km, jusqu'à Laâyoune. Lors d'une visite de ce titanesque chantier, le ministre de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau, Abdelkader Amara, vient même d'évoquer la perspective de la fin 2021 pour boucler cet immense chantier.

La route express reliera Tiznit à Layaoune, puis à Dakhla - Carte réalisée par Poivre38

1'055 kilomètres


Selon Abdelkader Amara, la fin 2021 concernerait non seulement le tronçon Tiznit-Laâyoune, mais aussi l'élargissement, sur 500 autres kilomètres, de la voie entre Laâyoune et Dakhla. Coût de l'opération, pour ces 1'055 km : quelque 10 milliards de dirhams, soit environ un milliard d'euros. Objectifs énoncés : réduire le temps et le coût du transport, améliorer la fluidité du trafic, le niveau de service, le confort et la sécurité routière, ainsi que faciliter le transport des marchandises entre les villes du Sud du Royaume et les grands centres de production et de distribution.


Le ministre Amara a aussi déclaré que son département sera "très ferme" sur les respects des délais de réalisation des marchés passés avec les entreprises retenues. Et d'ajouter "comprendre certaines contraintes liées aux travaux de transfert des branchements d'eau et d'électricité ou les procédures d'expropriation", mais, a-t-il dit, les entreprises qui ne respectent pas les cahiers des charges et accusent de grands retards verront leurs contrats résiliés.

Nos photos ci-dessus montrent les travaux en cours au sud de Tan-Tan. Le ministre, lui, s'est rendu encore bien plus au Sud, pour constater l'état d'avancement de deux sections, près de Tarfaya, dernière étape de notre périple Grand Sud : mer sublime et autres secrets.

Le lot de 57 km qui englobe les entrées Nord et Sud de la ville Tarfaya a atteint un taux d'avancement de 60 %. Un autre lot, qui s'étend sur 40 km, entre Tarfaya et El Waar, en est lui à un taux 35 %. Il y a encore du pain sur la planche, même si les travaux déjà réalisés sont spectaculaires !

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Le nouveau quartier Al Mohammadi d'Agadir, où se trouvera la future gare TGV.

Bien que la pandémie du Covid-19 bloque encore une bonne partie de l'activité au Maroc, toute avancée n'est pas interrompue. Les grands chantiers continuent. C’est le cas par exemple des préparatifs en vue de l'aménagement de la ligne à grande vitesse (LGV) qui doit relier Casablanca à Marrakech, puis à Agadir. On sait maintenant que cette ligne TGV conduira jusqu'au quartier Al Mohammadi, nouvelle cité située au nord-est d'Agadir, qui n'existait pas il y a une quinzaine d'années.


Un décret publié dans le dernier Bulletin officiel a en effet officialisé la mise à la disposition de l’Office national des chemins de fer (ONCF) de 16 hectares de terrain situés dans le quartier de Hay Mohammadi. Ces terrains appartenaient jusqu'ici au domaine dit privé de l’État. Ils s'ajoutent aux quatre hectares expropriés par un autre décret paru au mois de mars dernier.


Le tracé de détail de la ligne n'a pas encore été publié, ni le lieu exact de la future gare TGV. Mais on peut d'ores et déjà déduire de la mise à disposition de ces 20 hectares que la gare gadirie se situera à proximité du quartier Al Mohammadi.


L'appel du roi


Ces avancées font suite au fameux discours du roi Mohammed VI prononcé le 6 novembre dernier à l'occasion de l'anniversaire de la Marche verte. Le souverain avait lancé à cette occasion un appel extrêmement clair en faveur du développement d'Agadir et de sa région, qui passe par le prolongement de la ligne TGV Tanger-Casablanca jusqu'à Agadir, en passant par Marrakech et Essaouira. Objectif : placer Agadir au centre du Royaume, à équidistance de Tanger, au Nord, et de Dakhla, dans les Provinces du Sud. A terme, dans l'esprit de Mohammed VI, ces dernières devraient également être reliées à la ligne LGV.

Selon les calculs de l'Office national des chemins de fer, sommé de faire avancer le projet, le trajet Tanger-Casablanca-Agadir s'effectuera en quatre heures. Un immense gain de temps par rapport à l'actuel trajet par l'autoroute et un levier considérable pour le développement des villes et des régions ainsi reliées au transport rapide français.


L'énorme succès remporté par la ligne Tanger-Casablanca qui s'est ouverte à la fin 2018 a apporté aux derniers incrédules la preuve des avantages d'"Al Boraq", nom donné au TGV marocain en référence à l'animal fantastique qui, selon le Coran, a permis au prophète de l’islam de se rendre nuitamment par la voie des airs de La Mecque à Jérusalem, puis de là au paradis céleste.


Rencontre au sommet renvoyée


Le souverain marocain et le président français Emmanuel Macron devaient se rencontrer au Maroc, à la fin de l'hiver dernier, afin de boucler le dossier technique du projet Marrakech-Agadir. Mais des priorités et finalement la pandémie ont renvoyé cette discussion à des jours meilleurs. La dimension financière est tout aussi importante. La ligne Tanger-Casablanca avait en effet été qualifiée d'infrastructure la plus chère d'Afrique par Deloitte Touche Tohmatsu Limited. Elle aura coûté 3,8 milliards d'euros.

                   Additional information about the riad : 0041 79 240 26 32

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